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07/12/2017
« et en même temps… » Mes contradictions sont-elles solubles dans un projet professionnel?

L’expression et en même temps a suscité ces derniers mois d’abondants commentaires – railleurs ou plus nuancés. Pour la coach / consultante en évolution professionnelle que je suis, elle résonne de manière très concrète car elle m’évoque des visages et des moments d’échanges dans mon bureau.

Directeur Marketing au sein d’un des fleurons français du luxe, très apprécié par son Directeur général, A. est venu me voir car, depuis plusieurs mois, il n’est plus heureux dans son entreprise et cette baisse de motivation professionnelle commence à envahir tous les pans de sa vie. Naguère passionné par son métier, il affirme qu’il en a « fait le tour » et en relativise l’utilité même. Il voudrait « faire autre chose » mais ne sait pas quoi.

– « Je voudrais quitter le monde de la mode qui est si futile. J’ai un ami qui a renoncé à un poste dans la finance pour créer une entreprise de réinsertion en province, en divisant au passage son salaire par trois. J’admire son engagement, sa capacité à mener une vie cohérente avec les valeurs qu’il défend. Je serais sûrement plus fier de moi que je ne le suis aujourd’hui si je travaillais pour une noble cause et en même temps je ne me sens pas prêt à renoncer à mon niveau de rémunération actuel qui me permet notamment de voyager plusieurs fois par an – un luxe qui m’est devenu indispensable.

– Comment pourriez-vous concilier ces deux aspirations ?

– Je participe déjà au financement d’un projet de développement en Asie mais cela n’est qu’une façon de me donner bonne conscience. J’aimerais avoir le courage de prendre une décision plus drastique. Je me sens tiraillé entre des motivations opposées, je n’arrive pas à entrevoir quel projet professionnel pourrait me réconcilier avec moi-même. »

Un peu plus loin dans notre échange…

– « Je voudrais avoir plus de temps pour moi et pour ma famille. J’en ai assez de courir du matin au soir, les yeux rivés sur des objectifs de plus en plus court terme. J’aspire à un rythme plus doux qui me permettrait de souffler, de lire, de prendre du recul sur ma vie. Et en même temps, je sais que dès que je ne suis pas engagé à 200% dans des projets suffisamment excitants, je me démotive vite et je gâche mon temps. »

J’ai devant moi un homme malheureux, qui me dit que plus il réfléchit à « comment avancer », plus il a l’impression de faire du sur place. Il se désole de se sentir si « compliqué », en proie à des envies qui lui semblent irréconciliables. Ce serait si simple s’il pouvait être plus simple !

Je partage avec A. ma vision des choses. La réalité (la sienne, la mienne, celles des personnes que j’accompagne) nous enseigne que l’être humain est complexe. Oui, nous abritons des désirs apparemment contradictoires. Oui, nous ne pouvons sans nous mutiler réduire nos réflexions aux ou / ou quand il s’agit d’engager notre propre vie. Les et en même temps que nous abritons  sont difficiles à vivre ? Ils paraissent suspects à certains ? Soit, mais pouvons-nous vouloir les réduire à tout prix au risque de nager à contre-courant de nous-mêmes ?

Je le vois se détendre.

– « Vu sous cet angle, mon problème me paraît moins grave – et qui sait – peut- être moins insurmontable… Je vais laisser tout cela reposer et on en reparle la prochaine fois ».

Il est des moments dans nos vies professionnelles où nous ressentons comme un décalage entre ce que semble attendre de nous notre univers professionnel et ce que nous percevons comme « juste » pour nous. Juste au sens de justesse. Avoir l’impression de « sonner juste », comme on le dit d’un violon bien accordé, est facteur d’un profond bien-être. Comment y parvenir ?

Si notre fonctionnement général change peu, nos sources de motivations peuvent, elles, évoluer au cours de notre vie. Ainsi l’homme / la femme de 45 ou de 50 ans n’aspire souvent plus aux mêmes choses qu’au début de sa carrière. Il n’est pas rare qu’il / elle ressente alors le désir de « changer de vie ». Mais quand il s’agit d’imaginer quels contours pourrait prendre ce « nouveau départ » tant espéré, voilà brusquement que la mécanique de changement qu’on avait cru activer se grippe, que « ça patine »…

Or plus on se sent coupable de tous ces tiraillements en nous-mêmes, plus l’horizon peine à se dégager. Que faire ? Se reconnaître humblement humain, pleinement humain, pleinement complexe est un prélude indispensable au temps des projets – au temps de la mise en place des ajustements qui permettront le retour de l’énergie et de la confiance.

Complexus signifie ce qui est tissé ensemble, nous rappelle Edgar Morin. Accepter d’être tissé de « vérités profondes, antagonistes les unes aux autres… complémentaires sans cesser d’être antagonistes » est sans doute le premier pas pour construire un « à venir » respectueux de soi-même.

Monique Dautremer

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06/01/2016
Suis-je un entrepreneur ?

Qui n’a pas été fasciné par Steve Jobs, Jeff Bezos ou, plus près de chez nous, Frédéric Mazzella, le fondateur de Bla Bla Car ? Quelles sont les qualités humaines, les compétences qui transforment une bonne idée en chevauchée entrepreneuriale ?

Distinguons tout d’abord le manager qui a un tempérament entrepreneurial d’un pur entrepreneur. Le premier aime l’autonomie et a un goût prononcé pour le développement. Mais il peut satisfaire ses besoins en tant que salarié. Le second a besoin d’être patron chez lui et de pouvoir totalement s’identifier à son entreprise. C’est donc un créateur ou un repreneur d’entreprise et il engage une partie de son patrimoine dans l’aventure.

Il n’y a pas de profil-type d’entrepreneur, mais certaines aptitudes sont régulièrement observées chez eux : l’acceptation, voire la recherche, du risque, un fort tempérament de développeur, un optimisme chevillé au corps et une capacité de résilience, car de nombreuses difficultés seront rencontrées sur leur chemin. Bien sûr l’aptitude à construire et à partager une vision, à gérer en parallèle le très court terme et le long terme et, last but not least, celle qui consiste à bien s’entourer, pour aller chercher chez d’autres ce qui manque chez eux. OP

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06/05/2015
Avoir un but

Si à notre époque chacun est sommé de  prendre son destin en mains,  l’injonction retentit d’autant plus fort quand nous sommes dans une période de transition professionnelle. Cet « entre-deux »,  souvent vécu comme inconfortable, génère pourtant l’espoir que la prochaine étape nous permette d’être plus en phase avec nos motivations profondes.

Nous savons, comme Pasteur, que « la chance ne favorise généralement que les esprits préparés ». Sans but, comment prétendre agir efficacement ? Nous comprenons donc bien l’intérêt de formuler un objectif  avant de bâtir un plan d’action.  La définition d’un projet professionnel n’est pourtant pas une étape si facile.

Certains qui n’ont jamais eu à se pencher sur le sujet, tant leur intégration dans le monde professionnel à la sortie de leurs études a semblé fluide, s’en inquiètent ouvertement : « Je n’ai pas de vocation, ou de hobby particulier : quel pourrait être mon projet professionnel ? ». A ceux-ci, la relecture patiente du parcours professionnel, les liens établis entre les réussites et les motivations, une meilleure compréhension de leur fonctionnement personnel, permettront de prendre conscience de leur « socle », ce qui les conduira à pouvoir se projeter.

Pour d’autres, ce sera la crainte qu’un projet professionnel trop précis ne les enferme, restreignant ainsi le champ d’opportunités qui pourraient se présenter. Ils vont donc avoir tendance à concevoir un projet « à grosses mailles ». Or,  pour que nos interlocuteurs (entretiens réseau, chasseurs de tête,…) puissent réellement nous aider, il faut qu’ils puissent nous imaginer dans de futures responsabilités et dans des univers concrets à partir de cibles bien identifiées – quitte à nous en proposer de nouvelles.

D’autres encore aimeraient pouvoir suivre plusieurs pistes en parallèle, pensant ainsi optimiser leurs chances (par exemple retrouver un emploi salarié et se lancer dans la reprise d’entreprise). Attention, chacun de ces projets requérant un engagement à plein temps, un discours clair et lisible, il est préférable d’en privilégier une, sur la base de critères de choix identifiés. En cas d’impasse, il sera toujours possible, dans un deuxième temps, d’en suivre une autre.

C’est là un apparent paradoxe : savoir refermer le compas, pour mieux ouvrir  « l’à venir ». MD

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06/05/2015
Une réorientation professionnelle ne peut être un « plan B »

Quand bien même elle pourrait être perçue par l’entourage comme soudaine et rapidement mise en œuvre, une réorientation professionnelle se prépare…  et parfois longtemps à l’avance, de façon discrète voire inconsciente !

Une réorientation professionnelle ne se décrète pas et, encore moins, ne doit être subie ou, pire, ne doit être envisagée comme un pis-aller. Les enjeux économiques, psychologiques et opérationnels sont trop importants : lourds investissements (en énergie et/ou financiers) de départ, délai pour atteindre un bon niveau d’efficacité, changement d’identité personnelle, acquisition d’un savoir-faire et d’une expérience, … Une réorientation professionnelle ne peut pas être envisagée comme issue de sortie, revanche, solution court terme, opportunité de faire un « coup » ou résignation ; elle est bien trop précieuse pour cela.

En revanche une réorientation professionnelle peut trouver ses racines dans les désirs, les rencontres, les expériences, les opportunités. Autant de signes à prendre en compte pour en faire quelque chose, dans la durée et dans la maturation, afin qu’une réorientation professionnelle s’impose finalement comme une évidence, à ce moment-là et parce qu’on se sent prêt!

Ne vous précipitez pas, mais n’attendez pas pour commencer! OCT